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Accord FMI – Congo : réclamations et moqueries à Brazzaville

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Au Congo-Brazzaville, si l’accord avec le FMI fait déjà des heureux en ce qu’il est censé être un « début de solution » à la crise économique, des Congolais réclament ce que leur doit l‘État. D’autres trouvent des mots pour caricaturer le président Sassou.

Un détail qui pourrait interpeller quiconque pénètre dans les bureaux de Jean-Paul Matsima à Brazzaville. Contrairement à plusieurs autres entrepreneurs grands ou petits (épiceries, cybercafés, salons de coiffure, etc.) qui d’après des observateurs ont été obligés de l’acheter, chez M. Matsima, il n’y a pas de portrait de Denis Sassou-Nguesso accroché au mur.

Pas question de tergiverser. Le « vieux » Matsima semble remonté. « L‘État me doit doit 32 milliards de francs CFA (48 millions d’euros)! », accuse l’entrepreneur des BTP qui cite le pont sur la rivière Djouéké (Kindamba, dans la région du Poolau sud-ouest de Brazzaville) comme exemple de travaux non-payés par le Trésor public.

« Je n’ai plus de personnel, à part 15 à 20 personnes. Je ne peux plus les payer », poursuit le vaillant septuagénaire, ancien député natif de Vindza dans la région du Pool, mais battu « contre toute attente » par Aimé Emmanuel Yoka, natif du nord, proche du président Sassou-Nguesso.

Que le vieux Matsima se rassure ! Cette semaine en Conseil des ministres, l’homme fort de Brazzaville a demandé au gouvernement une « évaluation précise de la dette intérieure », pour « procéder à sa liquidation » – « dès que les circonstances le permettront ».

Dans un contexte où le pays est cisaillé par une grave crise déclenchée depuis 2014 en raison de la chute drastique des cours du pétrole, principale source de revenus de l‘État congolais (plus de 80 % du budget national), une restructuration de la dette chinoise a été nécessaire avant que le FMI n’accepte de débloquer 448,6 millions de dollars de crédit sur trois ans pour aider Brazzaville.

« Il était impératif que le Congo obtienne (…) un allégement de la dette auprès de ses principaux créanciers, particulièrement de la Chine », précise le chef de mission du FMI à Brazzaville, Alex Segura-Ubiergo, sur le site de l’institution.

Pour le président de l’union patronale (UNOC), le problème est plus large. « Le gouvernement reste pléthorique avec des gens qui sont soupçonnés par le peuple congolais de mauvaise gouvernance et de détournement de fonds publics », avance El Hadj Abdoulaye Djibril Bopaka, président de l’UNOC.

Lui qui fait partie de ceux-là qui ont été aux avant-postes pour encourager Sassou à changer la constitution pour briguer un troisième mandat présidentiel afin de poursuivre et parachever son « ambitieux programme de développement intégral du Congo ».

La “Nyongologie” ou l’art de la dette

Mais il n’y a pas que l’establishment qui rumine sa colère face à la crise. Et ce qui fait le plus mal dans la rue, c’est le rythme d’endettement du Congo. « En 2010, nous avons accédé au statut pays pauvre très endetté. Ce qui signifie que nous avons bénéficié d’un effacement à 80 % de la dette. D’où vient-il qu’en moins de dix ans, on ait contracté une dette de plus de 6 000 milliards de francs CFA (plus de 10 millions de dollars) ? », s’interroge un étudiant de Pointe-Noire, relayant le discours de l’opposition.

Et faute de réponse, place à la colère et à la moquerie. « Regardez ce spécialiste en nyongologie ! » , s’exclame le jeune Yan du quartier Loandjili à Pointe-Noire. Détrompez-vous, Nyongologie n’existe pas dans le dictionnaire français. C’est plutôt un néologisme tiré du mot « Nyongo » qui signifie dette en lingala. « Sassou est donc un fieffé nyongologue ! », déduit Jeancy, l’ami de Yan.

Un discours visiblement symptomatique de ce que l’accord du Congo avec le FMI, malgré ses lendemains « meilleurs » n’est pas du goût de tout le monde. D’après le site sacer-infos.com, à Makoua et Owando, au nord, bastion de Sassou-Nguesso, la force publique aurait arrêté des personnes ayant traité le chef de l‘État congolais de nyongologue.

En outre, dans sa note de position, Publiez ce que vous payez (PCQVP), une coalition d’ONG oeuvrant à la transparence dans la gouvernance, a récemment déploré le fait que cet accord avec le FMI a été signé « sans que toutes les questions relatives à la transparence aient été soldées, notamment la garantie sur le rééchelonnement de la dette avec la Chine, le mécanisme du fonctionnement du compte EXIM Bank, les discussions sur la restructuration de la dette des traders Trafigura et Glencore etc ».

C’est dire que le satisfecit de l’institution de Bretton Woods procède des réformes « cosmétiques », déduit PCQVP.

Comme quoi, au Congo-Brazzaville, tous les mots sont désormais de mise pour décoiffer le premier et unique général d’armées du Congo Denis Sassou-Nguesso 75 ans dont 33 au pouvoir (1979-1992 et 1997 à nos jours). Et tout ça, à cause de la crise !

 

 

 

( ENGLISH )

 

 

 

 

In Congo-Brazzaville, if the agreement with the IMF is already happy in that it is supposed to be a "beginning of solution" to the economic crisis, Congolese claim what the state owes them. Others find words to caricature President Sassou.

A detail that could challenge anyone who enters the offices of Jean-Paul Matsima in Brazzaville. Unlike many other large or small entrepreneurs (grocery stores, cybercafés, hairdressers, etc.) who according to observers were forced to buy, at Mr. Matsima, there is no portrait of Denis Sassou -Nguesso hanging on the wall.

There is no question of procrastinating. The "old" Matsima seems to have come back up. "The state owes me 32 billion CFA francs (48 million euros)! ", Accuses the construction contractor who quotes the bridge on the river Djouéké (Kindamba, in the Poolau south-west of Brazzaville) as an example of work not paid by the Treasury.

"I do not have any more staff, apart from 15 to 20 people. I can not afford them anymore, "says the valiant septuagenarian, a former deputy born in Vindza in the Pool region, but beaten" against all odds "by Aimé Emmanuel Yoka, a native of the north, close to President Sassou-Nguesso.

May old Matsima reassure himself! This week in the Council of Ministers, the strong man of Brazzaville asked the government a "precise assessment of the internal debt", to "proceed to its liquidation" - "as soon as circumstances permit."

In a context where the country is sheared by a serious crisis triggered since 2014 due to the drastic drop in oil prices, the main source of revenue of the Congolese state (more than 80% of the national budget), a debt restructuring China was needed before the IMF agreed to release $ 448.6 million in credit over three years to help Brazzaville.

"It was imperative that the Congo obtain (...) debt relief from its main creditors, especially China," said the head of mission of the IMF in Brazzaville, Alex Segura-Ubiergo, on the site of the institution .

For the president of the employers' union (UNOC), the problem is wider. "The government remains plethoric with people who are suspected by the Congolese people of bad governance and misappropriation of public funds," said El Hadj Abdoulaye Djibril Bopaka, president of UNOC.

He is one of those who have been at the forefront to encourage Sassou to change the constitution to seek a third presidential term in order to pursue and complete his "ambitious program of integral development of Congo."

Nyongology or the art of debt

But it is not just the establishment that ruminates its anger at the crisis. And what hurts the most in the street is the pace of debt in the Congo. "In 2010, we reached the highly indebted poor country status. Which means that we have benefited from an 80% debt cancellation. Where is it that in less than ten years, we have contracted a debt of over 6,000 billion CFA francs (more than 10 million dollars)? "Asks a student from Pointe-Noire, relaying the speech of the opposition.

And for lack of an answer, room for anger and mockery. "Look at this specialist in nyongology! Exclaims the young Yan from the Loandjili neighborhood in Pointe-Noire. Détrompez-vous, Nyongologie does not exist in the French dictionary. It is rather a neologism derived from the word "Nyongo" which means debt in Lingala. "Sassou is therefore a nyongologue fieffé! Jeancy, Yan's friend, says.

A speech visibly symptomatic that Congo's agreement with the IMF, despite its "better" aftermath, is not to everyone's taste. According to the website sacer-infos.com, in Makoua and Owando, in the north, bastion of Sassou-Nguesso, the police force reportedly arrested people who had treated the Congolese chief of the nongongologist.

In addition, in its position paper, Publish What You Pay (PWYP), a coalition of NGOs working on transparency in governance, recently deplored the fact that this agreement with the IMF was signed "without all transparency issues have been resolved, including the debt rescheduling guarantee with China, the operation of the EXIM Bank account, discussions on debt restructuring for traders Trafigura and Glencore etc ".

This is to say that the satisfaction of the institution of Bretton Woods proceeds from "cosmetic" reforms, PWYP deduced.

Like what, in Congo-Brazzaville, all the words are now appropriate to disrobe the first and only general of Congo Denis Sassou-Nguesso 75 years of which 33 in power (1979-1992 and 1997 to the present). And all because of the crisis!

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