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8 mars: les Soudanaises veulent un meilleur statut

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Elles avaient été à l’avant-garde de la contestation du régime du président Omar el-Béchir. Mais, onze mois après sa chute, des militantes soudanaises se disent déçues par le peu d’empressement des nouvelles autorités à améliorer le statut de la femme.

Et c’est pour crier haut et fort leur frustration que ces militantes ont appelé à manifester dimanche, à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, devant le siège du ministère de la Justice à Khartoum.

“Rien de concret n’a été fait pour satisfaire aux revendications des femmes”, a constaté avec amertume Zeineb Badreddine, dans sa modeste maison d’Omdourman, ville-jumelle de Khartoum, sur l’autre bord du Nil.

C’est à cette militante de la première heure qui a réintégré l’enseignement 30 ans après avoir été licenciée pour ses “idées progressistes” par le régime islamiste d’Omar el-Béchir, que reviendra l’honneur de conduire la manifestation.

Comme pour les marches contre le régime déchu, la protestation doit démarrer à 13H00 locales (11h00 GMT) et Mme Badreddine donnera le signal de départ avec un you you, cri strident que lancent les femmes en signe de joie ou pour galvaniser les foules.

Le premier grief fait par cette militante à la forte personnalité aux nouvelles autorités est la faible représentation des femmes.

Pourtant le Premier ministre Abdallah Hamdok, au pouvoir depuis six mois, a confié quatre des 17 postes ministériels à des femmes, dont celui régalien, des Affaires étrangères.

Une femme a été en outre nommée à la tête du pouvoir judiciaire et le Conseil souverain, la plus haute instance du pouvoir, est formé de cinq militaires, et de six civils, dont deux femmes.

Faible représentation
“Notre représentation ne dépasse pas les 22% (…) et si les femmes avaient eu une meilleure représentation, elles auraient eu plus de voix pour défendre leur cause”, a affirmé Mme Badreddine.

En novembre 2019, les nouvelles autorités ont abrogé une loi sur l’ordre public visant les Soudanaises jugées coupables d’“actes indécents et immoraux”, mais le reste de l’arsenal discriminant les femmes est resté en place et aucune législation nouvelle les protégeant n’a été mise à l’oeuvre.

Sous le régime islamiste, de nombreuses femmes ont été flagellées en public ou emprisonnées pour tenue jugée “indécente” ou pour consommation d’alcool en application de cette loi.

Mme Badreddine a déploré notamment l’absence d’une loi criminalisant le harcèlement sexuel et la liberté laissé au juge de décider si une femme a été violée ou pas, ce qui peut conduire des fois à poursuivre des victimes d’actes de viol pour adultère.

Avocate et militante de la cause de la femme, Inaam Atiq, s’attarde sur la loi de statut personnel de 1991 pour en relever les nombreuses incohérences.

Loi décriée
“Cette loi est à l’origine de souffrances de milliers de femmes à travers le Soudan”, a-t-elle déclaré.

Le texte, inspiré de la charia (loi islamique) permet entre autres, selon elle, de donner en mariage des filles de dix ans et ne prévoit pas le consentement de la femme dans les contrats de mariage.

“L’amendement de ce texte revêt un caractère urgent et cela peut se faire sans toucher aux principes de la charia”, a-t-elle plaidé.

Une autre loi sur les passeports interdit aux femmes de voyager à l‘étranger sans l’autorisation de leur tuteur mâle, une disposition qui a été abolie même dans l’Arabie saoudite ultra-conservatrice.

Les résultats des examens de l’ADN ne sont pas pris en compte par les tribunaux spécialisés dans les affaires de statut personnel.

Cela permet à de nombreux Soudanais de ne pas reconnaître leur progéniture, ce qui ajoute aux difficultés des femmes, souligne Me Atiq.

“On a besoin de mesures immédiates et je pense que le ministère de la Justice et le gouvernement comprennent la situation et je reste optimiste quant à la possibilité de franchir des pas dans la bonne direction”, dit-elle.

En l’absence d’un Parlement, le gouvernement et le Conseil souverain peuvent légiférer.

Manal Abdelhalim, autre militante, est plus prudente.

Elle se dit étonnée des “voix, dont celles de certaines femmes, qui disent que la question (des droits de la femme) n’est pas prioritaire et peut attendre”.

En formant son gouvernement, M. Hamdok s’est engagé à améliorer le sort des femmes, malgré les difficultés économiques et sociales que traverse le pays.

 

 

 

 

( ENGLISH )

 

 

 

 

 

They had been at the forefront of the protest against the regime of President Omar al-Bashir. But, eleven months after her fall, Sudanese activists say they are disappointed with the reluctance of the new authorities to improve the status of women.

And it is to shout loudly their frustration that these activists called to demonstrate Sunday, on the occasion of International Women's Rights Day, outside the headquarters of the Ministry of Justice in Khartoum.

"Nothing concrete has been done to meet the demands of women," said Zeineb Badreddine, bitterly, in her modest home in Omdurman, twin city of Khartoum, on the other side of the Nile.

It is this activist from the very beginning who returned to teaching 30 years after being dismissed for her "progressive ideas" by the Islamist regime of Omar al-Bashir, that will be honored to lead the demonstration.

As for the marches against the fallen regime, the protest must start at 1:00 p.m. local time (11:00 GMT) and Mrs Badreddine will give the start signal with a you you, a screeching cry launched by women in joy or to galvanize crowds.

The first complaint made by this activist with a strong personality to the new authorities is the low representation of women.

Yet Prime Minister Abdallah Hamdok, in power for six months, has entrusted four of the 17 ministerial posts to women, including the sovereign, of Foreign Affairs.

A woman has also been appointed head of the judiciary and the Sovereign Council, the highest body of power, is made up of five soldiers and six civilians, including two women.

Low representation
"Our representation does not exceed 22% (...) and if the women had had better representation, they would have had more votes to defend their cause," said Ms. Badreddine.

In November 2019, the new authorities repealed a law on public order targeting Sudanese women found guilty of “indecent and immoral acts”, but the rest of the arsenal discriminating against women remained in place and no new legislation protecting them has not been put to work.

Under the Islamist regime, many women were flogged in public or imprisoned for dress deemed "indecent" or for drinking under this law.

Ms. Badreddine deplored in particular the absence of a law criminalizing sexual harassment and the freedom left to the judge to decide whether a woman was raped or not, which can sometimes lead to prosecute victims of rape for adultery .

Lawyer and activist for the cause of women, Inaam Atiq, dwells on the personal status law of 1991 to point out the numerous inconsistencies.

Decried law
"This law has caused the suffering of thousands of women across Sudan," she said.

The text, inspired by Sharia (Islamic law) allows, among other things, according to her, to give marriage to girls of ten years and does not provide for the consent of women in marriage contracts.

"The amendment of this text is urgent and this can be done without touching the principles of sharia," she pleaded.

Another passport law prohibits women from traveling abroad without the permission of their male guardian, a provision that has been abolished even in ultra-conservative Saudi Arabia.

The results of DNA examinations are not taken into account by courts specializing in personal status cases.

This allows many Sudanese to not recognize their offspring, which adds to the difficulties of women, said Atiq.

"There is an immediate need for action and I think the Department of Justice and the government understand the situation and I remain optimistic about the possibility of taking steps in the right direction," she said.

In the absence of a Parliament, the government and the Sovereign Council can legislate.

Manal Abdelhalim, another activist, is more cautious.

She said she was surprised by "voices, including those of some women, who say that the issue (of women's rights) is not a priority and can wait."

In forming his government, Mr. Hamdok pledged to improve the lot of women, despite the economic and social difficulties facing the country.

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